RAPPORt d'ACTIVITÉ #2018

Télécharger la version pdf
Edito

L’OPPBTP,
UN ACTEUR INCONTOURNABLE DE LA PRÉVENTION

>

Alors que l’OPPBTP entre dans la dernière ligne droite de son plan stratégique, les indicateurs démontrent la pertinence d’un organisme de branche au service du BTP. Avec un nombre toujours croissant des effectifs et de structures de toute taille, il existe plus que jamais un besoin d’accompagnement des salariés, notamment intérimaires, et des entreprises dans leurs activités. À l’heure où nous publions ce rapport 2018, nous n’avons pas encore connaissance des statistiques d’accidents du travail pour 2018. Celles de 2017, rappelées ci-dessous doivent mobiliser chacun dans la profession. Car, si les accidents ont continué à baisser, la hausse de décès interpelle. Les nouveaux outils proposés par l’OPPBTP comme monDOCunique Prem’s et PréventionBTP En direct, dont le lancement est un succès, sont là pour aider les entreprises.
Avec HORIZON 2020, l’OPPBTP a proposé une nouvelle orientation pour la prévention des risques, dans une démarche positive et durable qui a rencontré un écho favorable. C’est donc confiant dans la valeur de ses actions, dans la qualité de son expertise et dans la légitimité de son expérience que l'OPPBTP a abordé l'année 2019, une année placée sous le signe de la réforme de la santé avec le rapport de Madame Lecocq, députée, et de Messieurs Forest et Dupuis. L’Organisme a su prouver qu’il est un acteur incontournable de la prévention sur lequel les partenaires sociaux, les entreprises du BTP et les instances publiques vont pouvoir s’appuyer pour garantir la réussite de la réforme au profit des salariés et des entreprises du BTP.

-1,6%

ACCIDENTS DU TRAVAIL

-1,3%

ACCIDENTS DE TRAJETS

+7,5%

DÉCÈS DANS LE BTP

+3,5%

MALADIES PROFESSIONNELLES

CAUSES D’ACCIDENT DU TRAVAIL

48,5%

Dus à la manutention, 17 % liés aux chutes de hauteur ou de plain-pied et 15 % à l’outillage à main

+1,5%

SALARIÉS DU BTP

+15,7%

SALARIÉS INTÉRIMAIRES

+8,6%

ENTREPRISES DU BTP

Message des président et vice-président

Quel regard portez-vous sur l’année 2018 ?

Frédéric Reynier 2018 a été une année très dense pour l’OPPBTP. Les actions ont porté leurs fruits, notamment sur des sujets techniques et pointus tels que le risque amiante. On note également que la prévention prend de plus en plus de place dans le quotidien des professionnels. Aussi, dans un contexte où les effectifs salariés et intérimaires augmentent, les attentes et besoins en termes de compétences s’accentuent. Nous devons continuer à nous mobiliser pleinement, surtout en constatant la hausse des décès en 2017.

Giovanni Verrecchia En effet, les statistiques nous alertent, dans le contexte de forte hausse d’activité. Cela ne remet pas en cause les programmes d’action de l’OPPBTP, qui sont pour une large part déjà focalisés sur les risques majeurs de la profession. Il nous faut au contraire aller au terme du plan H2020.

Quelles sont les forces de l’Organisme ?

F. R. Parce qu’il est géré par la profession et financé par les entreprises avec une cotisation obligatoire, l’OPPBTP est un organisme qui compte pour les professionnels. Son expertise est reconnue. Pour preuve : de plus en plus d’entreprises font directement appel à nous. La place qu’occupe l’Organisme dans le débat sur la prévention est aussi un bon indicateur et celle-ci pèse de plus en plus.

G. V. Nous sommes un organisme dirigé de façon paritaire ce qui en fait toute sa richesse. Notre principal enjeu dans les années à venir sera de le conserver et de continuer à le faire vivre. Sa force réside également dans la capacité des collaborateurs à intervenir sur tous les sujets de nos métiers, aussi bien sur toutes les composantes techniques que sur le management de la prévention. Et nous sommes le seul secteur professionnel à s’être doté d’un organisme de branche de ce type.

En quoi l’approche positive de la prévention prônée par l’OPPBTP fait-elle évoluer les mentalités ?

F.R. Cela fait partie des missions de l’OPPBTP d’expliquer aux entreprises que la prévention joue en faveur d’une meilleure organisation, qu’elle peut aussi limiter des tâches pénibles, etc. Grâce à cela, les mentalités évoluent effectivement. Les entreprises, surtout les plus structurées, ont progressé et tiennent davantage compte de la prévention pour gagner en performance. L’OPPBTP a par ailleurs mis en place des outils spécifiques pour que le plus grand nombre de professionnels dispose de solutions adaptées, à l’instar de monDOCunique Prem’s qui permet aux entreprises artisanales de créer leur Document Unique. La mise en place de PréventionBTP En Direct est également une réussite. Les retours sont très positifs.

G. V. Oui, les mentalités évoluent, mais il est possible de faire encore mieux ! Force est de constater que les modèles changent et que l’OPPBTP est enfin aujourd’hui considéré comme un organisme de conseil, présent sur de nombreux terrains, de la TPE au grand groupe, en formation initiale, en expertise multiple. Dommage que l'OPPBTP ne puisse être encore plus présent sur les chantiers en raison de son effectif limité. Le chemin a été long pour faire comprendre aux différents métiers du BTP qu’une approche positive de la prévention est un gage de performance. Pour autant, il ne faut pas relâcher nos efforts.

Quels sont les chantiers et les projets prioritaires pour l’OPPBTP en 2019 ?

F. R. Un important chantier attend l’OPPBTP avec la silice cristalline alvéolaire, produit classé cancérigène par l’Europe depuis décembre 2017. La DGT doit adapter sa réglementation d’ici janvier 2020 et déterminer quelles mesures mettre en œuvre afin de protéger les professionnels exposés. L’OPPBTP est donc mobilisé pour réaliser des mesurages essentiels pour les activités de gros œuvre, les carreleurs, les étancheurs et les travaux publics. En parallèle, nous continuons à travailler sur des thèmes majeurs tels que les chutes de hauteur, le risque routier ou encore les TMS. Ces derniers sont de plus en plus prégnants et génèrent des coûts importants. Il est essentiel de redoubler d’efforts.

G. V. Grandir davantage et être encore plus incontournable ! L’expertise qu’apporte l’OPPBTP ne se retrouve pas ailleurs. L’Organisme doit toujours être force de propositions et réfléchir à de nouveaux modèles. Les partenariats avec les différents acteurs de la branche et notamment avec l’Icsi sur la culture prévention en sont la preuve.

Alors que se joue actuellement la réforme de la santé au travail, comment l’OPPBTP s’est-il préparé pour apporter sa pierre au nouvel édifice ?

F.R. L’Organisme tel qu’il existe actuellement, de façon indépendante, bénéficie d’une reconnaissance, fait montre d’une belle efficacité et d’une solide réactivité. Nous ne sommes pas convaincus de l’efficience d’un système multi-intervenants. C’est l’intérêt des entreprises qui est en jeu.

G.V. Au sein de nos différents conseils, tant en région qu’au niveau national, nous avons longuement débattu sur la nouvelle forme proposée pour tenter de peser sur cette réforme. Nous attendons aujourd’hui les textes pour réagir. Nous restons vigilants sur plusieurs aspects. Tout d'abord, cela ne doit pas induire d'économies budgétaires. Il est important de maintenir le niveau de service et d'accompagnement dont bénéficient les salariés du BTP aujourd'hui. Il s'agit aussi de veiller au sort de tous les salariés au sein de cette nouvelle configuration, dont ceux de l'OPPBTP, pour que tous continuent de profiter de l'expertise de l'organisme. L'OPPBPT, par son Secrétaire général, reste très attentif à la suite donnée au rapport pour prendre toute sa place au sein du futur système.

Rencontre avec Paul Duphil

2018 a été une année plutôt dynamique pour le secteur du BTP. Quelles répercussions cela a-t-il entraînées du point de vue de la santé et de la sécurité sur chantiers ?

Pour les entreprises, 2018 a en effet été une année de forte activité, de dynamique positive, marquée par des chantiers de grande envergure, à l’image de ceux liés au développement du Grand Paris ou à l’élaboration des futures infrastructures des Jeux olympiques de 2024 qui vont s’implanter sur tout le territoire, mais aussi pour toutes les petites entreprises tirées par la rénovation. De nombreux nouveaux salariés ont rejoint le BTP, leur compétence en sécurité au travail est un point clé, en particulier pour les intérimaires, comme les dernières statistiques nous l’ont malheureusement rappelé. La profession s’organise pour y répondre, par exemple avec le PASI, passeport sécurité pour les intérimaires, créé par EGF-BTP avec notre soutien actif. Par ailleurs, dans ce contexte économique pérenne, l’enjeu pour les professionnels consiste à attirer les jeunes, à recruter les bonnes compétences et à les fidéliser. La sécurité constitue un des éléments essentiels pour toute entreprise qui souhaite renforcer son attractivité et préserver sa performance globale. L’OPPBTP propose de nombreuses ressources pour réussir.

L’OPPBTP œuvre depuis longtemps dans le sens d’une approche positive de la prévention. Les mentalités évoluent-elles ?

En effet, nous sommes convaincus que dans une opération de construction, excellence en production rime avec excellence en prévention. C’est le sens de nos travaux sur la dimension économique de la prévention et le lien entre performance et prévention. C’est pourquoi l’ensemble des actions engagées par l’OPPBTP s'inscrit dans une démarche positive de la prévention, source de performance pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Les mentalités évoluent en effet à la suite de ces travaux, tous nos grands partenaires véhiculent le même message. Il est donc indispensable que l’OPPBTP reste pleinement mobilisé auprès des entreprises les plus exposées aux risques principaux du BTP, tels que les chutes de hauteur bien sûr sur lesquelles nous travaillons en partenariat avec la Cnam, mais aussi le risque hyperbare, l'amiante et les risques chimiques en général, les engins, les fouilles en tranchées, etc. Nous sommes toujours très actifs en formation initiale, dans l’apprentissage, les IUT de génie civil et les écoles d’ingénieurs, car c’est auprès des jeunes que nous forgeons les mentalités de demain !

Plus globalement, quel bilan dressez-vous de l’année 2018 pour l’OPPBTP ?

Notre premier objectif est encore et toujours d’apporter des solutions concrètes et éprouvées aux entreprises du BTP. De ce point de vue, 2018 a été une bonne année. Notre offre s’est enrichie avec des produits en ligne plébiscités comme monDOCunique Prem's pour les TPE et PréventionBTP En Direct qui donne un accès immédiat à nos experts, ou encore les vidéos pédagogiques D-Clics et Prévention & Performance. Avec les professionnels, nous progressons sur Carto Amiante et Carto Silice, et de nombreuses études métiers. Plus de 5000 entreprises ont bénéficié des conseils personnalisés de nos experts. Nous avons développé une offre nouvelle de culture prévention pour les grands groupes en partenariat avec l’Icsi. L’innovation est devenue un fait majeur dans le BTP, et à l’OPPBTP aussi, par exemple avec le lancement d’un accélérateur de start-up dédié à la prévention, en partenariat avec SMABTP, ProBTP et le CCCA-BTP. Je ne peux tout citer, je note que nous sommes en ligne avec les objectifs du plan HORIZON 2020 dont nous abordons la dernière année.

Qu’est-ce qui différencie l’OPPBTP des autres organismes de prévention ?

Nous sommes le seul organisme de prévention dédié à un secteur professionnel, le bâtiment et les travaux publics. Notre gouvernance assurée par les représentants des organisations professionnelles et syndicales du secteur garantit une adéquation permanente entre les enjeux du terrain et les solutions apportées. Nous sommes des experts du BTP qui apportons des solutions de prévention au cœur de nos métiers, nous engageons des actions concrètes dont les résultats sont visibles et mesurables sur le terrain.

Alors que se joue actuellement la réforme de la santé au travail, comment l’OPPBTP s’est-il préparé pour apporter sa pierre au nouvel édifice ?

Je note tout d’abord que tous les grands acteurs du BTP ont réaffirmé à cette occasion leur attachement à l’OPPBTP, qu’ils souhaitent préserver comme organisme de branche. Notre efficacité a été saluée largement, y compris dans le rapport Lecocq. Notre modèle est duplicable par d’autres branches, mais il serait difficilement soluble dans un vaste ensemble. C’est une question d’appartenance et d’identité. Quoiqu’il advienne, nous resterons mobilisés sur la prévention des risques, pour amener les meilleures solutions aux entreprises. Creuser chaque jour notre sillon, nous concentrer sur l’exécution de notre mission, c’est la meilleure préparation pour demain, dans un esprit de service, de proximité à nos clients, de simplification, d’efficacité et de mesure des résultats.

Gouvernance

UNE GOUVERNANCE PARITAIRE AU SERVICE DE LA PRÉVENTION

>

En tant qu’organisme paritaire, l’OPPBTP bénéficie d’une gouvernance assurée par les organisations professionnelles et syndicales du bâtiment et des travaux publics. Si celle-ci lui garantit une bonne représentativité auprès des pouvoirs publics, sa nature paritaire permet, quant à elle, de faire progresser la culture prévention simultanément auprès des salariés et des chefs d’entreprise.

DU COMITÉ NATIONAL

Le Conseil du comité national détermine les orientations de l’organisme, fixe le programme annuel et adopte le rapport d’activité, conformément à la politique générale de prévention et d’amélioration des conditions de travail définie par le ministre chargé du travail et en concertation avec les organismes chargés de la santé et de la sécurité et de l’amélioration des conditions de travail. Le Secrétaire général, un représentant de la Caisse nationale d’assurance maladie et le représentant du ministre chargé du travail assistent aux délibérations du Conseil avec voix consultative.

Représentants des fédérations d’employeurs

Capeb : Jean-Jacques Chatelain/suppléant : José Faucheux
FFB :
Frédéric Reynier/suppléant : Carole Panozzo
FFB : Jean-Jacques Fleury/suppléant : Jean-Michel Giffard
SCOP BTP : Jean-Marie Kerherno/suppléant : Alexandre Potocki
FNTP : Jean-Yves Tonnelier/suppléant : Corinne Hubert

Représentants des organisations syndicales des salariés

CFDT : Giovanni Verrecchia/suppléant : Pierre-Gaël Loréal
CFE-CGC : Patrick Loup/suppléant : Henri Coquemont
CFTC : Jean-Michel Vaillendet/suppléant : Antonio Piqueras
CGT :
Dominique Guimonet/suppléant : Christian Baix
FO :
Alain Rebé/suppléant : Frank Serra

DE DIRECTION

L’ensemble des services de l’OPPBTP est placé sous l’autorité du Secrétaire général, qui fixe et anime les progrès et actions de l’Organisme avec le Comité de Direction, en lien étroit avec tous les collaborateurs.

Paul Duphil

Secrétaire général

Dominique Leuxe

Médecin-Conseil national

Christophe Catheline

Directeur des Opérations

Patrick Richard

Directeur Technique

Jean Tarbes

Directeur Technique adjoint

Stéphanie Bigeon-Bienvenu

Directrice de la Communication et du Digital

Marie-Christine Guillaume

Directrice des Services et Prestations

Pascal Montilly

Directeur du Développement

Virginie Renard

Directrice de projet HORIZON 2020

Marianne Le Sant

Directrice Administration et Finances

Christophe Barre

Directeur des Ressources Humaines

Jean-Luc Decouvelaere

Directeur des Systèmes d’Information et Organisation

DES COMITÉS RÉGIONAUX

Onze conseils des comités paritaires assurent un dialogue et des échanges permanents sur la prévention. Dotés d’un rôle consultatif, ils apportent leur soutien aux actions de l’Organisme. Tout comme le Conseil du comité national, les conseils des comités régionaux sont composés de 20 membres (10 titulaires et 10 suppléants), répartis à parts égales entre fédérations d’employeurs (FFB, Capeb, FNTP, SCOP BTP) et organisations syndicales de salariés (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO). Le responsable opérationnel du comité régional, un représentant de la caisse régionale d’assurance maladie et le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation siègent dans les Conseils des comités régionaux avec voix consultative.

www.preventionbtp.fr
www.oppbtp.com
Nous contacter